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 Le pétrolier ravitailleur d'escadre NIGER est alors commandé par le Capitaine de Corvette HUET. Il est bombardé le 20 mai 1940 et brûle aussitôt.

Caractéristiques :

Construit d'après la loi du 4-8-1926 et lancé le 14-03-1930
Chantier naval : Chantier Ch. & At. Maritimes du Sud Ouest à Bordeaux
Moteurs : 2 Diesels Burmeister & Wain de 4850 cv.
Vitesse : 13.5 Nœuds

Capacité des réservoirs : 33 900 mètres/cubes
Poids à vide : 9 600 Tonnes comprenant : 9000 L de carburant
500 L d'eau potable
100L d'huile moteur
Longueur : 133 m
Largeur : 45.75 m
Creux :
Tirant d'eau :

 Uniquement quatre exemplaires de ce type de pétroliers ravitailleur d'escadre ont été construits.
Ils étaient constitués de 2 mats et d'une cheminée située à l'arrière.

La nuit du 20 mai 1940 :

 La D.C.A. a repris son concert infernal de chaque nuit, les pièces des bâtiments lui font écho.
 Cependant une forme sombre, éclairée par les lueurs des incendies, se meurt lentement dans les bassins.
 Sa silhouette rappelle celle de la SALOME qui a été lancée aux Chantiers de France en février, c'est le pétrolier Niger.
 Malgré les bombardements il faut, coûte que coûte, qu'il quitte le port.
 Vers 23h30, le 20 mai, le Niger sort des jetées. Il est escorté par les torpilleurs CYCLONE, SIROCO, MISTRAL. Ciel clair, lune pleine, vent de Nordé, force 3.
 On entend les avions ennemis sans les voir.
 Vers 23h 40, de l'irritant bourdonnement se détachent de terribles vrombissements qui déchirent le ciel, presque à la verticale : attaques en piqué. Le Niger et les torpilleurs tirent.
 L' Enseigne de vaisseau BARDET, officier en second, dirige le tir du groupe avant, l'Enseigne de vaisseau de DYVORNE, officier canonnier, celui du groupe arrière. Chacun est à son poste, agit ou attend.
 Après trois quarts d'heure de combat, deux fortes explosions sont ressenties presque en même temps et aussitôt des flammes jaillissent des réservoirs 1 et 2.
 Le feu prend instantanément d'énormes proportions, l'équipe de sécurité essaie vainement d'en approcher. Les commandes à distance des extincteurs ont été arrachées par l'explosion, les commandes à main sont dans les flammes.
 Tous les panneaux des réservoirs voisins ont sauté et des flammes s'échappent des réservoirs 3 bâbord et centraux.
 La dunette flambe au centre et à bâbord et le mazout en feu s'en échappe, transformant le chenal en fleuve de feu.
 L'ingénieur mécanicien LORANG tente de noyer les soutes arrières, mais l'obscurité l'en empêche.
 Tandis que chacun s'affairait dans sa tâche, en méprisant un danger croissant, le commandant Capitaine de Corvette HUET, calme à son poste, a décidé de la manœuvre la plus sûre.
 La barre obéit, les machines sont encore en avant, HUET pour dégager le chenal va lancer le pétrolier sur la gauche et mouiller de telle façon que, échouée à marrée basse, l'épave ne puisse encombrer la passe, même si elle flotte à marée haute.
 Ainsi, HUET voit plus loin que le sort de son navire.
 Pour donner à son équipage le maximum de chances de salut, il manœuvre de façon à immobiliser le Niger en travers au vent, dans la position la plus défavorable à l'extension de l'incendie.
Alors seulement il ordonne l'évacuation.
 Quelques embarcations sont indemnes, dans lesquelles l'équipage embarque avec ordre, elles s'éloignent, pleines à couler.
 Les bossoirs de la vedette sont faussés, une équipe tente vainement de les faire tourner, elle renonce, mais un marin reste : le matelot GABIER BROODIC qui a la charge de la vedette, il ne peut se résigner à ce qu'elle soit inutilisable et s'obstine à tenter de la mettre à l'eau, ce jusqu'à ce que le feu ait raison de son entêtement et ne laisse du petit gabier héroïque que des cendres sur le pont.
 Les radeaux ont brûlé, on jette par-dessus bord tout ce qu'on peut trouver de flotteurs. Les hommes, munis de leur brassière, sautent à la mer, du côté du vent, dans une eau glaciale dont la surface est en feu.
 Les trois torpilleurs d'escorte envoient leurs baleinières. Les avions ennemis s'acharnent, mitraillant le NIGER et les embarcations.
 HUET est toujours sur la passerelle en flammes, à ses côtés l'Enseigne de Vaisseau VECCHIONACCI, officier de manœuvre a refusé de quitter le bord avant que les documents secrets ne fussent brûlés ou évacués.
 Arrive l'Officier en Second qui vient de faire une ronde, de laquelle il ressort que personne ne reste à bord. Huet tient à contrôler ce fait personnellement, il se rend à l'arrière avec ses deux officiers, le feu les en chasse; ils se réfugient à l'avant. De là le commandant attire l'attention des torpilleurs avec une lampe de poche, une baleinière vient, HUET oblige ses officiers à embarquer.
 Quant à lui, il reste à son poste, considérant que sa mission ne sera terminée que lorsque ses documents secrets auront été brûlés.
 Tout flambe à bord, mais pour un Commandant français, il n'y a pas d'à peu près dans l'accomplissement du devoir.
 Il fallut un ordre formel du chef de convoi et l'arrivée d'une embarcation envoyée à cet effet, pour que le Commandant du Niger quitte son poste.
 Quarante huit heures après, l'épave du Niger brûlait encore aux abords de la bouée 2 W.

Position :

 Cette épave se situe à quelques mètres au Nord de la jetée du Dyck de l'avant port Ouest construit bien après le naufrage.
 Elle repose par un fond maxi de 10 mètres et est divisée en trois morceaux.
 Le bateau a été détruit par explosion par les plongeurs du Port Autonome de DUNKERQUE pour faciliter la navigation.
 De nombreux morceaux ont été déposés sur le banc de "Hauts Fonds de Gravelines", on y retrouve l'avant dont la proue et dirigée vers la surface.
Des morceaux de la machine sont impressionnants avec des bielles des moteurs diesels visibles.
 Ces épaves sont très poissonneuses.

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